Entre mai 1981 et 1983-1984, le président de la République François Mitterrand et le gouvernement de Gauche mené par Pierre Mauroy ont lancé une série de grandes réformes, suivant le Programme commun de la Gauche et les 110 propositions du candidat socialiste. On y sent un désir de "Changer la vie" (titre de l'hymne du PS de l'époque, un rien daté...).
-Des réformes économiques et sociales comme l'abaissement du temps de travail de 40h à 39h. Le but : lutter contre le chômage en partageant le travail afin de créer des emplois. Il faut attendre 1997 (et non 1985, comme annoncé dans la vidéo par les promoteurs des mesures) pour passer à 35 heures de travail hebdomadaire. Cette reforme ne parvient pas à réduire le nombre de chômeurs, qui passe à près de deux millions à la fin du premier septennat. La crise économique est telle qu'en octobre 1983, le gouvernent Mauroy doit prendre des mesures de rigueur budgétaire impopulaires.
Autre grande réforme, la retraite à 60 ans pour 37,5 ans de cotisations (1981). Elle vise à mieux partager l'emploi en dégageant des postes pour les jeunes travailleurs. Ses initiateurs veulent aussi donner une meilleure qualité de vie aux salariés âgés au moment où l'espérance de vie des Français s'allonge. Aujourd’hui, cette réforme est remise en cause par Nicolas Sarkozy car le système de retraite par répartition connaît de graves problèmes de financement.
En février 1982, la loi sur les nationalisations est promulguée. La Gauche socialiste reprend une idée déjà mise en oeuvre par le Front populaire et le GPRF. Elle place de nombreux secteurs sous le contrôle de l'Etat : industrie (Thomson, Saint-Gobain-Pont-à-Mousson, Rhône-Poulenc, Pechiney-Ugine-Kuhlmann, Sacilor, Usinor) ou finances (Paribas, Suez, CIC, Crédit du Nord, Crédit commercial de France, Banque Rothschild, Banque Worms, Banque La Hénin). C'est la plus grande vague de nationalisations depuis la Libération. Voici un témoignage enthousiaste de cette époque.
Toutes ces réformes économiques et sociales, portées par une idéologie de Gauche très marquée, finissent par s'émousser face à la rigueur d'une crise économique que les Socialistes tardent à prendre en compte. Par ici. Pour preuve, l'enterrement de l’éphémère Ministère du Temps libre, fortement inspiré du Front populaire, qui ne survit pas à la crise et au tournant de 1983. Un bel article du Monde évoque le ministre qui en a eu la charge, André Henry.
-Des réformes culturelles importantes. Durant la présidence Mitterrand, une politique d'ouverture culturelle active est mise en oeuvre sous l'égide du Ministre de la Culture Jack Lang : le prix unique du livre (1981), les Journées du Patrimoine (1984) ou la Fête de la Musique (1982). L'objectif de l'Etat est d'offrir la culture au plus grand nombre.
Les médias audiovisuels sont plus libres et plus critiques à l'égard du pouvoir en place (à partir de 1983, c'est la grande période du Bébête Show, spectacle de chansonniers et de marionnettes très populaire). Les fréquences radio sont libérées en 1982 par une Haute autorité chargée de séparer les pouvoirs politique et médiatique : c'est la grande période des radios libres et d'une bande FM créative. Mais l'ouverture de la télévision au secteur privé vers le milieu des années 1980 n'a pas forcément permis de hausser le niveau culturel général des programmes proposés (TF1, La Cinq).
-Une grande réforme judiciaire, l'abolition de la peine de mort (septembre 1981). Elle est décidée par Mitterrand contre l'avis de l'opinion publique (par ici) et menée par le Garde des Sceaux Robert Badinter, opposant historique à la peine capitale depuis les années 1960. Grâce à elle, la France entre dans le cercle des états de Droit modernes.
-Une grande réforme judiciaire, l'abolition de la peine de mort (septembre 1981). Elle est décidée par Mitterrand contre l'avis de l'opinion publique (par ici) et menée par le Garde des Sceaux Robert Badinter, opposant historique à la peine capitale depuis les années 1960. Grâce à elle, la France entre dans le cercle des états de Droit modernes.
Badinter abolition peine de mort (assemblee... par givethemenoughdope
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